Saint Fleuret 2014

Une fois par an les Estagnoles et de nombreux amis visiteurs se réunissent le premier dimanche du mois de juillet pour honorer leur bienfaiteur SAINT-FLEURET. Jeunes, anciens, en un mot tous se donneront rendez-vous chaque année pour lui rendre un grand hommage. Si vous avez raté le dernier millésime celui de 2014 il est là prenez votre temps, c'est juste dessous, cliquez sur le dai :

Cliquer sur la photo ci-dessus pour voir la procession 2014

Quelques mots pour mieux suivre la cérémonie

 

Thème général de la procession

 

Le sujet que la paroisse d’Estaing célèbre dans cette procession légendaire est l’Apothéose de SAINT FLEURET, par l’Église de la terre et du ciel réunis.

C’est pourquoi les personnages costumés représentent :

D’une part, les plus illustres personnages de la hiérarchie céleste, d’autre part, les plus illustres personnages de la hiérarchie ecclésiastique et civile, unis dans l’admiration et la confiance.

Tous évoluent dans le cortège en une originale manifestation autour des vénérables reliques de Saint Fleuret…

 

LA PROCESSION

 Dès que tous les figurants sont prêts, la procession s’ébranle ; le signal du départ est donné sur la place de l’Eglise.

Voici l’ordre de marche :

  • SUISSE, habillé de rouge et portant la hallebarde ;
  • LA BANNIERE DE SAINT FLEURET ;
  • SAINT JOSEPH, drapé dans une toge, portant sur l’épaule l’équerre et le rabot
  • Il tient par la main l’ENFANT JÉSUS, en habit blanc et couronne ;
  • SAINT PIERRE, en toge portant les clefs du Paradis
  • SAINT PAUL, lisant l'Evangile dans une grosse Bible

 

            Vient ensuite un groupe d'enfants représentant tous les degrés de la hiérarchie ecclésiastique :

  • Trois PRȆTRES, avec mitre haute et conique, à la mode du Moyen- Age ;
  • Deux ÉVȆQUES :
  • Un PATRIARCHE :
  • Un CARDINAL :
  • LE PAPE.

            Et maintenant :

  • SAINT JEAN-BAPTISTE, pieds nus, une peau de mouton lui servant de toge. Il mène en laisse un véritable agneau que précède un enfant tenant une feuille de chou à la main ;
  • Les PÉNITENTS, sous leur cagoule :
  • Quatre PÉLERINS de Saint-Jacques-de-Compostelle, coiffés d'un tricorne, chaussés de sandales, recouverts de coquillages tenant d'une main un bourdon où se balancent une gourde de vin et un gâteau ;
  • Quatre ANGES portant, suspendue par des cordons rouges, une couronne de feuilles d'or ;
  • Quatre ARCHANGES, pieds nus, aux ailes déployées. L'un d'eux est plus remarqué, c'est :
  • SAINT MICHEL... les bras tendus en croix, il tient à senestre les balances de la justice divine, qui symbolisent le « pèsement des âmes », et à dextre le glaive flamboyant qui précipite le démon en enfer.

Marchant devant le dais, trois enfants, dont un porte la couronne ornée de pierreries qui, au terme de la procession, sera déposée sur la tête de Saint Fleuret.

Sous le dais, porté par quatre jeunes gens, revêtus de dalmatiques, comme des diacres, deux autres jeunes gens, dans le même costume, soutiennent le buste reliquaire de SAINT FLEURET ;

Le Conseil Municipal entouré des pompiers ; la musique.

Après le dais, viennent quelques membres ecclésiastiques issus de l'ancienne famille d'Estaing 

Cardinal PIERRE D'ESTAING, accompagné d'un caudataire et d'un porte-bannière, en chapeau rouge, drapé dans une cape de pourpre.

Ce Prince de l'Eglise fut d'abord évêque de Saint-Flour, puis archevêque de Bourges, ensuite évêque d'Ostie et de Ferrare, premier du conclave et chambellan de l'Eglise romaine (1370). Il eut le rôle historique, avec Sainte Catherine de Sienne, de ramener la papauté d'Avignon à Rome ;

DIEUDONNÉ D'ESTAING, mort en 1409, évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme) ;

Bienheureux FRANÇOIS D'ESTAING, évêque de Rodez (1460-1529). Ce saint évêque, que la voix du peuple surnomma « bienheureux », remplit le diocèse d'œuvres et de grands exemples. C'est lui qui fit construire la tour de la cathédrale de Rodez et institua la fête de l'Ange Gardien. Sa statue, œuvre du sculpteur Mahous, orne le pont d'Estaing ;

ANTOINE D'ESTAING, frère de François, évêque d'Angoulême en 1505, prévôt de la collégiale de Ville-franche, mort abbé commendataire d'Aubrac où il fut inhumé ;

JOACHIN, évêque de Clermont, en 1614 ;

JOSEPH D'ESTAING SAILLANS, évêque de Saint-Flour (1693-1742) ;

JEAN-PIERRE D'ESTAING, dom d'Aubrac (1437), gouverneur des quatre châtellenies du Rouergue, préposé à la garde de Charles d'Armagnac. Il est habille de blanc comme les moines d'Aubrac.

Ensuite, les plus illustres personnages des Comtes d'Estaing, avec leurs pages :

  • DIEUDONNÉ, baron D'ESTAING, le même, croit-on, que ce TRISTAN qui, en 1214, sauva la vie à Philippe Auguste à Bouvines, en récompense, le roi lui conféra le rare privilège de prendre pour armes l'écu de France aux trois fleurs de lys d'or sur champ d'azur ;
  • GUILLAUME D'ESTAING, seigneur de Lagarde et d'Enval, en habit brodé d'or, bas de soie, talons rouges. Son page porte le fanion avec l'inscription : « Sénéchal et gouverneur du Rouergue, en 1424» ;
  • JEAN III D'ESTAING, baron d'Authun et de Murols, en chaperon bleu foncé ; il porte le manteau court de l'époque, avec des bottes largement évasées à la genouillère, et des souliers a boucles d'argent ; il se distingua au siège de Montauban où il fut tué ;
  • GASPARD D'ESTAING, sénéchal du Rouergue en 1455, costumé comme à l'époque de Louis XI, chapeau a plumes blanches, robe et chaperon bleu azur, bas de soie :
  • CHARLES HENRI D'ESTAING, né au château de Ravel, décapité en 1794 avec les Girondins. Personnage légendaire par ses exploits dans l'Inde, corsaire remarquable, prisonnier des Anglais, promu général et amiral, commanda l'escadre franco-espagnole, se distingua à la prise de la Grenade et de la Désirade aux Antilles, fut le collaborateur des Rochambeau, La Fayette, de Grasse, Suffren ; fut un des plus illustres émancipateurs des Etats-Unis. Il commandait à Versailles, lors de l'insurrection de Paris, et passa quelques années de la Révolution dans les rangs de la garde nationale.

Les petits enfants, porteurs de bannières, et figurant en particulier :

  • SAINT JEAN-BAPTISTE ;
  • SAINT JOSEPH ;
  • La SAINTE VIERGE, tenant des colombes, et accompagnée d'anges :
  • L'ENFANT JÉSUS, portant un globe, et accompagné aussi d'anges ;
  • Quatre PÉLERINS de Saint-Jacques-de-Compostelle ;
  • Quatre PÉNITENTS.

Pour finir, les personnages costumés dans les rôles féminins :

  • La VIERGE MARIE, accompagnée de deux petits anges ;
  • Des VIERGES MARTYRES, en robe rouge, une légère couronne au front, une palme à la main ;
  • Enfin, MARIE-MADELEINE, cheveux épars, adorant la Croix.

 

Cérémonies

du Couronnement

 

 Partant de l’église, la procession gagne le quai qu’elle loge deux fois ; puis, par la rue d’Oultre, se dirige vers la Chapelle de Saint Fleuret, pour revenir enfin vers l’église.

 Dans le parcours, en particulier sur la chaussée du quai et sur la place qui précède l’église, le groupe des pèlerins et des Archanges exécute une évolution assez curieuse

Les quatre pèlerins, deux à deux, s’avancent vers les reliques de Saint Fleuret, et, saluant profondément le saint Patron, lui offrent leur hommage au nom de tous les fidèles.

 Les Archanges s’avancent à leur tour. Lorsque Saint Michel arrive devant le Saint, portant d’une main la balance, brandissant de l’autre le glaive étincelant, il s’incline profondément, offre l’encens, puis trace avec le fer un grand signe de croix, en mémoire du combat contre l’enfer dont le Saint est sorti victorieux par la vertu de la croix de Jésus-Christ. Enfin, il dépose sur la tête de Saint Fleuret la couronne méritée par ses vertus et ses miracles…

Pour finir cette fois-ci demandons à Albert Ginesti de nous rappeler à sa manière l'histoire de Saint Fleuret :

 

SAINT-FLEURET

 

Le culte de Saint-Fleuret, patron de l'église, est très ancien à Estaing. Au début du XIIIème siècle, il y avait une fondation ou chapelle en son honneur. Dans son testament en 1269, Pierre Yzarn, de la famille de Freyssinet, élit sa sépulture au cimetière Saint-Fleuret et fait un legs pour le luminaire de Saint-Fleuret. Au début du XVIème siècle, en 1524, François d'Estaing, évêque de Rodez, en tournée de Confirmation, célébra la messe à l'autel de Saint-Fleuret. De la même époque on avait conservé des livres liturgiques renfermant l'office de Saint-Fleuret.

 

Les reliques furent reconnues en 1714 sur l'ordre de Joachim d'Estaing, évêque de Saint-Flour. On est donc en présence d'une tradition fort ancienne qui mérite attention.

 

De la vie du Saint, qui se situe beaucoup plus loin dans le passé, on ne peut pas avoir une idée précise, comme de beaucoup d'autres personnages qui ont vécu à la même époque.

 

La bénédiction du pain et du sel constituait un des caractères distinctifs de la confiance du peuple. De la Viadène, du Carlades, de la Chataîgneraie, les chrétiens étaient fidèles à cette pratique. Le pain bénit était mangé famille, le sel distribué aux animaux. Après la bénédiction, on demandait aux prêtres des Messes à célébrer à l’autel de Saint-Fleuret.

 

Le dernier jeudi de chaque mois, la paroisse célébrait l'autel de Saint-Fleuret la messe dite du Vœu, suivie du .chant de l'Hymne des confesseurs, selon un rythme rapide, spécial à Estaing.

 

On ne connait pas non plus l'origine de la célèbre procession, qui a dû s'étoffer au cours des âges. Il y a un siècle la construction du quai et de l'avenue de Le Nayrac permit un plus grand développement. On l'a vue se transformer dans la dernière génération. Elle tend à se réduire aux personnages costumés, alors qu'autrefois elle était suivie par la foule des pèlerins. Elle a toujours lieu une fois par an, le jour de la fête, le premier dimanche de juillet.

 

La veille au soir, c'est la cérémonie dite du « Corps Saint » ou ouverture du tabernacle renfermant les reliques, et la présentation des enfants à saint Fleuret.

 

Le jour de la fête, les messes se succèdent dans l'église qu’envahit le flot de pèlerins. A la fin de la matinée, à partir de 12 heures, se déroule dans les principales rues de la, ville la célèbre procession. A la fois reconstitution historique et acte religieux, elle fait défiler des représentants du Ciel et de l'Eglise de la terre pour glorifier saint Fleuret, On voit successivement le Christ, la Sainte Vierge, saint Joseph, saint Jean-Baptiste, saint Pierre, saint Paul, sainte Marie-Madeleine accompagnée d'un groupe de jeunes martyrs. Les quatre grands archanges dont l'un saint Michel, porteur du glaive et de la balance, jouera un rôle important dans le couronnement de saint Fleuret. D'autres groupes figurent le présent: la troupe angélique, la hiérarchie ecclésiastique en cours de Rome. Le buste de saint Fleuret est porté sous le grand dais et suivi de la municipalité encadrée par la compagnie des sapeurs-pompiers en\ uniforme.

 

L'ancienne maison d'Estaing participe au triomphe de saint Fleuret, et les plus illustres de ses membres y sont représentés. Un cardinal, un dom d'Aubrac, cinq évêques puis d'autres personnages célèbres : Tristan, le Sénéchal, l'Amiral.